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La satire de STEINER’GUMèNE
La vessie et la lanterne
Depuis des lustres, les « patrons » de la rando pédestre et les adeptes des loisirs verts motorisés se regardent en chiens de faïence. Ce n’est pas de la haine, mais les rapports restent tendus, générés par l’intolérance et le refus de l’autre.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, précisons encore que les conflits ou les attaques incessantes dont nous faisons l’objet sont entretenus avec entrain par les dirigeants du même organisme, lequel entend, au moins par ses actes, s’approprier l’espace et les chemins à son seul profit. Ce ne sont pas les randonneurs pédestres de base qui combattent notre univers motorisé –ça se passe globalement bien sur le terrain avec les marcheurs fort heureusement- mais bel et bien certains dirigeants de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre (FFRP). Pour vous la présenter, je vais me contenter de faire paraître ci-dessous, le droit de réponse que son président, a exigé d’un magazine 4x4…
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Droit de réponse de la FFRP
Le « Bureau Fédéral » de la FFRP a examiné attentivement l’article, est outré par les propos qui sont tenus dans la forme ainsi que par l’inexactitude des chiffres que vous avez reproduits.
Tout d’abord, nous tenons à vous informer qu’officiellement, la FFRP, à ce jour, a 160588 licenciés pour le National (les Yvelines : 2775), cette information vous étant donnée sous contrôle de notre ministère de tutelle, le ministère des Sports. D’autre part, nous confirmons le nombre de pratiquants de la randonnée pédestre, à savoir plus de 15 millions de français, estimation donnée par différents organismes officiels dont l’AFIT (Agence Française de l’Ingénierie Touristique).
Nous ne comprenons pas que vous vous arrogiez le droit d’affirmer que la FFRP n’agit pas sur le terrain du développement de la rando pédestre ; dans le cadre de la « protection de la nature » (8000 bénévoles baliseurs), du « développement du tourisme » (80 conventions d’objectif passées avec les collectivités territoriales) et dans ce que l’on appelle le « développement durable ».
La FFRP reste une association dont l’objet est de protéger la nature et d’unir ses efforts avec tous ceux et toutes celles qui ont pour objet unique de s’inscrire dans les valeurs de partage, de générosité comme nous cherchons à le faire avec d’autres acteurs de l’espace naturel.
Nous avisons les services du ministère des Sports de votre comportement et de la nature de vos propos ».
La guerre des chiffres
Le premier problème qui nous oppose à la FFRP, comme vous pouvez le constater, concerne les chiffres. Selon ses sources « officielles », la Fédé revendique 160.588 licenciés. La donnée nous paraît « gonflée » mais pourquoi pas. Nous avons toujours dit qu’ils n’étaient pas beaucoup plus de 100.000 ! Nous n’étions donc pas si loin… Dans tous les cas de figure, ça ne fait pas lourd, beaucoup moins que les motards verts et les quatquatreux réunis… et c’est ce point précis que nous voulions souligner.
Mais surtout, où la FFRP va-t-elle chercher 15 millions de pratiquants ? C’est bizarre, le week-end, quand j’effectue mes reportages touristiques, je ne rencontre essentiellement sur le terrain que des VTT, d’autres motorisés et quelques équestres. Les pédestres sont loin d’être majoritaires sur les chemins…
Le droit de réponse de président de la FFRP fait état d’une « estimation » et de « différents organismes officiels ». Ces « estimations » semblent offrir la même rigueur scientifique que les inventaires « Natura 2000 », c’est tout dire !!! Il faut savoir que ces « données au pif » prennent en compte les « marcheurs occasionnels ». Sont ainsi «comptabilisés » les balades digestives après le bon repas dominical au restaurant, les sorties scolaires éducatives, les pèlerinages tels que celui du Mont Blanc et de la Roche de Solutré, sans oublier les nombreuses excursions du 3ème âge. A se demander si les personnes promenant leurs chiens n’ont pas non plus été répertoriées…
Mais peut-on réellement parler d’un potentiel de 15 millions de vrais randonneurs pédestres ? Certes non. Imaginez un seul instant que nous tenions un raisonnement identique, sous couvert -bien sûr- d’un « organisme officiel ». Comptabilisons toutes les voitures et motos amenées à emprunter une piste pour accéder à la résidence secondaire, au terrain de camping, à un site naturel ; les campings-cars qui n’hésitent pas à sortir du goudron pour dénicher un coin sympa ; tous les équestres qui, tirant leurs vans avec des automobiles, circulent sur la terre battue ; tous les pédestres eux-mêmes qui, à bord de leurs voitures plates, remontent régulièrement les chemins pour se parquer au plus près du départ de leur rando ; les autocars qui font de même ; et sans oublier enfin tous les 4x4 et motos vertes. Et bien figurez-vous que nous totalisons alors plus de 40 millions de pratiquants ! Si, si.
On peut donc faire dire ce que l’on veut aux chiffres et encore mieux aux « estimations ». Mais il ne s’agit pas ici d’une simple supercherie, mais de manipulation. Dans les articles qu’elle obtient sur son compte -voir par exemple le Figaro du printemps 2000 avec sa « Une » sur la Journée des Chemins- la FFRP vante « ses » 15 millions de pratiquants sans insister sur le nombre réel des licenciés, histoire d’entretenir une confusion à son profit grâce à laquelle urbi et orbi, elle s’arroge la représentation factice de 100 fois plus de monde qu’elle ne peut en revendiquer ! La démarche est consciente, volontaire. Personne ne conteste la donne, pas même les journalistes des quotidiens, et chacun de croire que « c’est peut-être finalement possible ». Monsieur le président le sait d’autant mieux qu’il est lui-même journaliste de longue date, rompu à tous les rouages de la communication moderne.
En d’autres temps, les anciens appelaient ce type « d’information » de la propagande. Pour moi, c’est en tout cas de la mystification. De grande volée et bien faite, reconnaissons-le.
Reste un chiffre que la FFRP s’est bien gardé de contester dans le droit de réponse : c’est celui de la moyenne d’âge des randonneurs pédestres. Elle dépasse allégrement les 57 ans… Et il suffit de regarder les photos paraissant dans la presse quotidienne régionale relatant les événements locaux liés à la marche pour constater ce fait tangible. Lequel explique grand nombre de dérapages…
La guerre des balisages
Il y a plusieurs raisons à la ferme objection au balisage.
En premier lieu, ces peintures de guerre « salopent » le décor. Car c’est bien d’atteinte à l’environnementqu’il s’agit ici. Avec ses 8000 bénévoles décorateurs de totems, la FFRP fait… tâche. Dans le même ordre d’idée, nous sommes tous déjà tombés sur des panneaux bi-colorés, fixés sur les troncs des arbres avec des clous de charpentier ! Je suis même tombé un jour sur un panneau métallique cloué, signé du Club Alpin Français (CAF-cafards), et qui invitait les motorisés à ne pas circuler sur les chemins. Le comble, non ? De plus, le mauvais exemple fait école puisque aujourd’hui chacun y va de son balisage, du VTT à l’équitation… Le bordel est d’autant plus multicolore qu’il faut déplorer le long des parcours les fleurs roses du PQ, et les ordures laissées sur place ! Seconde atteinte à l’environnement.
En second lieu, comme les balisages « remplacent » la navigation, ils « fabriquent » des « consommateurs » réalisant une balade comme ils vont faire leurs emplettes au supermarché. Ces promeneurs du dimanche -majoritairement des retraités ou près de la retraite comme nous venons de le voir ci-dessus- ne supportent plus de se tordre la cheville dans les ornières ni de salir leurs godillots dans les flaques. Maintenant, il leur faut des boulevards dont certains ont coûté des centaines de milliers d’€. Mais comme ils forment la « clientèle », la FFRP les gâte. C’est la raison pour laquelle tous les itinéraires balisés empruntent de plus en plus communaux et ruraux plus larges, donc plus « confortables ». On a donc ainsi assisté à une invasion progressive des voies que fréquentent traditionnellement… les véhicules à moteur. Et parce que cette clientèle qui achète les topo-guides de la FFRP veut des « autoroutes » spacieuses, on se retrouve donc aujourd’hui avec des marcheurs-consommateurs hors des petits sentiers, estimant les communaux « leurs » puisqu’ils sont… dorénavant balisés ! La belle affaire ! En agissant ainsi pour des motivations « économiques », la FFRP a donc réuni les conditions idéales provoquant des conflits d’usage. L’analyse de ce second volet n’est pas celle des clubs motorisés mais le fruit de l’esprit critique d’un randonneur pédestre réputé dans son milieu… et affligé par l’évolution navrante de son loisir.
Le troisième compartiment du raisonnement est la conséquence directe des deux premiers. Comme les pédestres du 3ème âge ou à tendance écolo ne supportent pas de rencontrer une moto ou un 4x4 sur les voies pourtant publiques, la FFRP n’a rien trouvé de mieux que de tenter par tous les moyens de réserver l’utilisation des chemins à ses seuls adeptes ! L’implication des pédestres dans toutes les commissions écolo-répressives mais surtout dans la mise en place des Plans Départementaux d’Itinéraires de Promenade et de Randonnée (PDIPR) qu’accompagnent des arrêtés municipaux interdisant les motorisés, constitue la preuve évidente de leur volonté de nous exclure. Ce vil objectif se traduit par un triple atteint aux droits de l’homme puisqu’il y a ici création d’un nouveau privilège, ségrégation entre usagers et surtout atteinte grave à la liberté constitutionnelle d’aller et de venir.
Le balisage conduit donc au parcage. C’est l’évidence, simple question de temps. C’est la raison pour laquelle des clubs 4x4 et motos préconisent dorénavant de « débaliser » systématiquement les chemins… A méditer.
La guerre des champs
Nous avons été perpétuellement agressés depuis 20 ans par les médisances et autres contre-vérités distillées par certaines instances ou personnalités de la randonnée pédestre. Les événements, les reportages dans la presse et la foule des témoignages tendent à montrer que les différentes commissions préfectorales, les réunions officielles provoquées par les collectivités territoriales, les campagnes et manifestations promotionnelles ont été –et sont encore- autant d’occasions de dénigrer les motorisés, de colporter des mensonges sur les comportements des pratiquants 4x4 et motos, de dramatiser à l’excès les prétendues dégradations, de préconiser des interdictions de plus en plus strictes, vicieuses et subtiles. Les comptes rendus des multiples assemblées soulignent en prime la participation régulière, directe ou indirecte, de pédestres à l’élaboration des textes réglementaires (et des documents d’objectifs) nationaux ou locaux (PNR, Natura 2000) ; au suivi des PDIPR ; aux pressions exercées dans les mairies et les conseils généraux pour que soient pris des arrêtés municipaux interdisant la circulation des 4x4 et des motos. Sans oublier les ponts de communication complices qu’entretiennent certains ayatollahs avec les groupuscules écolos, les administrations et l’ONF. Et entre gens de bonne compagnie, on ne se prive pas pour préconiser (et aider à mettre en place) les mesures anti-4x4 et anti-moto. On pourrait écrire des centaines de tomes en listant les tracas occasionnés dans tous les départements et auxquels ne sont pas étrangers certains « ultra » de la randonnée pédestre.
J’ai déjà assisté pour ma part à Périgueux à deux réunions rassemblant les dirigeants des différentes disciplines sportives et olympiques du département de la Dordogne, et je peux vous garantir que le 4x4 et la moto ne sont pas les seules activités à se plaindre des velléités sectaires de la responsable locale de la rando pédestre.
Les loisirs verts motorisés sont en outre simultanément victimes, comme nous l’avons souligné, d’une tentative d’appropriation des chemins publics par la FFRP au profit des seuls marcheurs. Pourquoi dans ces conditions faire semblant de s’étonner que les quatquatreux et les motards réagissent à ce diktat ?
Du coup, nous voyons mal où se placent « les valeurs de partage et de générosité » évoquées parle président de la FFRP. Elles demandent à être singulièrement développées –et surtout pratiquées !- puisque pour l’instant, et de notoriété publique, la FFRP reste plutôt synonyme d’intolérance. Si plusieurs groupements de marcheurs ont quitté le giron rigide de la vieille dame, ce n’est pas un hasard ! Aujourd’hui, l’action de la FFRP dans le domaine du « développement de la rando pédestre », du « développement du Tourisme » et du « développement durable », semble vouloir passer entre autres par le génocide des pratiques du 4x4 et de la moto verte, et ça nous ne l’accepterons jamais. Il appartient aux randonneurs pédestres et plus particulièrement aux instances de la FFRP de prouver qu’il n’en est rien et que nous ne sommes que de vulgaires paranos.
En clair, il n’est donc pas trop tard pour bien faire. Pour établir et démontrer son authentique volonté de « partage », « de générosité » et de « protection de la nature », le « Bureau Fédéral » de la FFRP serait bien inspiré d’avancer un pied vers la cohabitation, seule et unique solution constructive pour tous, motorisés et pédestres.
-> Satire : Niouzes
Niouzes
Par le « Docteur »
Les pédestres sont de piètres consommateurs
Il y a quelque temps déjà, Gilbert Gunhold, ancien Président de la Fédération de la Randonnée Equestre de France disait avec la gouaille qu’on lui connaît : « les pédestres ne consomment pas : ils ont le restaurant dans la poche (nota : le sandwich et les barres vitaminées) et l’hôtel sur le sac à dos (nota : la tente et le duvet). Plus nuancés, les hôteliers et restaurateurs de tous les départements sont unanimes : au hit parade de la consommation en milieu rural ce sont les chasseurs, les quatquatreux et les motards qui arrivent largement en tête devant le VTT.
Rends-moi mon chemin !
Dans les années 80, les clubs 4x4 ont fourni de gros efforts pour réhabiliter des vieux chemins promis à la disparition. La Journée des Chemins n’existait pas encore, mais on était fier d’avoir sauvegardé un patrimoine servant aussi de support à son loisir. Et quelle surprise de découvrir un jour des peintures blanche et rouge à toutes les intersections ! Et là, certains n’ont pas apprécié de s’entendre dire qu’ils n’étaient plus les biens venus avec leurs 4x4, sous prétexte de balisage FFRP ! Dans plusieurs départements, certaines situations ont été explosives devant cette tentative d’appropriation (déjà !) abusive et cavalière.
Grandes migrations, grandes atteintes à l’environnement
Dans des gorges sauvages du Pays de Canigou, dans les Pyrénées Orientales, la surfréquentation est telle que le parcours est balisé par le PQ et les déjections des piétons. On peut aussi les suivre à la « trace » comme à l’occasion d’un Vierzon-Bourges ou du Tro Menez Are des Monts d’Arrée, deux manifestations de masse parmi d’autres pouvant rassembler –se vantent-elles- près de 6500 marcheurs. Parfois plus ! Ces opérations répandent surtout des tonnes d’ordures et d’enveloppes de barres énergétiques. Contrairement aux quaquatreux, certains pédestres ne transportent pas leurs déchets et il ne faut pas venir nous raconter qu’il ne s’agit que d’une minorité infime. De plus, par mauvais temps, ces « troupeaux » font largement autant de dégâts que les engins motorisés puisqu’ils piétinent…
Les pédestres entretiennent le patrimoine
Même si nous sommes loin d’être copains aujourd’hui, force est de reconnaître que les pédestres, notamment ceux de la FFRP, participent efficacement à l’entretien des chemins. Ils ne chôment pas tout le long de l’année, n’hésitant pas à faire appel aux engins à moteur pour les gros travaux : tronçonneuses et débroussailleuses, mais aussi des tractopelles si nécessaire, comme cela est arrivé dernièrement dans le Finistère avec l’association Henchou-Koz.
La marche à pied, c’est au pas !
Dans le cadre des « soirées de l’environnement », la ville de Quimper attendait une forte participation aux balades qu’elle organisait. La municipalité s’est cru obligée de prendre des mesures de sécurité strictes pour prévenir on ne sait quel péril. « Nous allons former des groupes de 50 personnes qui partiront à intervalles réguliers a expliqué l’adjointe au maire. Et chaque groupe sera mené par un chef de file dont il faudra suivre les ordres ». Garde à vous !
Coup de gueule d’un responsable de club
« Depuis quelque temps, je m’aperçois que les sorties des clubs se déroulent de plus en plus sur des propriétés privées (avec des zones trialisantes) et les road-books ne sont utilisés que pour se rendre d’un domaine à un autre. Où sont passées nos randonnées au road-book par les chemins de campagne, totalisant 80 à 100 km par jour ? Cette situation fait le jeu de nos détracteurs, écologistes et pédestres. Ils ne veulent plus nous voir dans les chemins et ils vont gagner la partie si certains continuent à se cacher sur des terrains privés. Et dans quelques temps, nous assisterons à la mise en place de nouvelles interdictions touchant ces zones comme c’est déjà le cas pour les circuits de moto cross dans le Nord Finistère. Ne nous dérobons pas et continuons à être présents sur les voies communales et rurales. Donnons nos départs de randonnée sur la place des villages afin d’être vus. Nous ne devons pas cesser de nous montrer partout. Où alors avons-nous à culpabiliser de notre loisir 4x4 ? Bien sûr, 100 km de virée, c’est davantage de travail tant au niveau du road-book qui doit être sans reproche que des contacts à prendre avec les fermiers et riverains. Il nous faut aussi savoir où nous mettons nos roues et connaître les réglementations. C’est beaucoup de travail donc, mais si nous ne le produisons pas, le 4x4 aura beaucoup de mal à résister à l’oppression.
Alain Camus, club 4x4 brestois.
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