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Page // Balades & Raids

Nos itinéraires en France correspondent aux lois, offrant des voies publiques ou des voies privées ouvertes. Ces parcours sont donnés pour les 4x4, les motos et les quads.

C’est de la balade familiale et non pas du…. Trial !
Ces 2 circuits  touchent l’Indre et la Manche. A vous de jouer…


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. : Itinéraire 4x4 : L’Indre : .
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Itinéraire 4x4 : L’Indre

Les brandes et les bocages de George

 

Par Jean-Pierre Steiner


Au Sud de la Champagne berrichonne, le relief s’accentue et se fracasse sur la vallée de la Creuse. Partez à la découverte du duché des princes capétiens dont les paysages ont fasciné George Sand et les impressionnistes.

Parcours : 78,5 km
Durée : une journée bien remplie sans les visites.
Difficulté : globalement facile, niveau 2, avec un passage niveau 3
Particularités : pneus TT néanmoins obligatoires à toute période de l’année.
Conseils : Attention, les pluies fréquentes génèrent des gros bourbiers dans les sous-bois et rendent les pistes argileuses aussi glissantes que grasses.

Affluent de la Loire, l’Indre traverse tranquillement les vastes plaines céréalières du Nord de la région dont la prospérité a entretenu les riches heures du duc de Berry. Puis il se lance vers l’Ouest à la conquête des châteaux renaissance dont ses rives ne sont pas dépourvues. Mais, vous ne verrez pas la rivière qui a donné son nom au département, car nous partons pour une croisière au Sud, dans les collines qui annoncent les contreforts du Limousin et du Massif Central. La région s’y métamorphose, devient bucolique, nantie de paysages verdoyants d’une rare beauté. Rivières et ruisseaux rageurs ont en effet dessiné des vallons et des ravines miniatures, souvent camouflés sous une végétation luxuriante. Le pays ne manque pas d’eau et ça se voit ! Il est bien vert. Les clichés dégagent un romantisme certain auquel peintres et poètes ont été en tout temps sensibles, à commencer par la chaude George Sand qui, entre deus séances de gymnastique amoureuse à Venise ou ailleurs, a vécu la plupart de sa vie dans les brandes et le bocage berrichon. Pour cette virée qui se situe quasi intégralement dans le Parc Naturel Régional de La Brenne (mais sans incursion aucune au pays monotone et sans intérêt des étangs…), nous avons fait appel bien entendu à Michel Choret du club 4x4 = 36, l’homme qui connaît le département comme sa poche. Vous allez découvrir les merveilles de la vallée de la Creuse et les entrailles du Berry vallonné, sculpté par les rus tels que l’Anglin, le Brion ou le Vavret. Le réseau de chemins est dense, pittoresque, d’accès facile mais à condition toutefois d’être bien chaussé : les pneus TT sont obligatoires, même en plein été. Autre avantage de ce parcours : vous ne rencontrerez pas grand monde… Bref, c’est un petit coin de paradis dans une région qui symbolise la campagne française traditionnelle, aussi bien cheu nous qu’à l’étranger.

L’Indre, ça Creuse énormément
Rendez-vous à Pont-Chrétien. Je suppose que vous n’avez jamais entendu parler de cette bourgade, sauf bien sûr si vous êtes un enfant du pays ! C’est juste à côté d’Argenton-sur-Creuse et on y accède sans problème de la N20. Là, il faut déjà commencer par aller voir, en longeant le cours de la Bouzanne vers l’Est, d’une part le château de Chabenet, d’autre part le pont de bois couvert, unique en France. Il a été construit au XIXe pour que les ouvriers du rail travaillant sur la future ligne Paris-Toulouse puissent rejoindre leur campement situé de l’autre côté de l’eau.
Notre parcours proprement dit part au contraire vers l’Ouest et de la rive Sud de la Bouzanne. Il passe ainsi sous les parois pâles du château du Broutet qui surplombe la rivière. Vers le Sud, la terre battue plonge ensuite sur la voie ferrée et rejoint la vallée riante de la Creuse toute proche. Elle est brune, large, tranquille, mystérieuse. On l’enjambe à Saint-Marin pour mieux filer vers le N-O en profitant des beaux paysages campés sur les deux rives. Le Land Rover a ainsi atterri sur Conive où il convient de ne pas manquer le château, le second du lot. Il est ancré à  main droite dans la courbe à gauche que négocie la D 48. Cette dernière file le long des petites falaises de craie que l’on devine à travers le rideau des arbres de la forêt. Un peu plus loin, on devine de l’autre côté de l’eau le confluent de la Bouzanne et de la Creuse que contemple le château du Cluzeau.
Toujours en conservant le même cap, les grands chemins blancs longent l’ancienne voie ferrée en saluent manoirs et demeures anciennes. Piste, rails et D48 parallèles foncent sur Thenay et Saint-Gaultier. Sur le pont, en franchissant de nouveau la Creuse pour revenir sur la rive Nord, admirez à droite l’église et la collégiale de Saint-Gaultier qu’accompagnent les belles maisons sur l’eau. C’est un véritable cliché de carte postale !
Toujours vers l’Ouest, l’itinéraire de Michel Choret longe globalement la vallée de la Creuse surveillée par les collines boisées. On retraverse encore la rivière enchanteresse à Rivarennes, village qui se singularise lui aussi par son château. Comme vous pouvez vous en rendre compte sur les photos, ces châteaux tiennent aussi bien de la résidence aristocratique que de la forteresse médiévale. Ce mélange étrange fournit de belles architectures qui rivalisent de beauté entre elles.
Après Rivarennes, la grande allée blême, bourrée de flaques, continue à poursuivre la Creuse en offrant toujours des clichés pittoresques. Puis soudain, elle monte à l’assaut du plateau calcaire par un chemin creux qui transperce des sous-bois rougeoyants. On quitte la Creuse… un poil à regret.

Le pays des belles fermes
Du château d’eau de Laveau, l’itinéraire de 4x4 = 36 plonge au Sud. Le Defender Auto 24 a alors fait connaissance avec le bocage berrichon qui accueille aussi bien les charolaises, les limousines que les moutons. Premiers bourbiers faciles, descente dans un vallon verdoyant irrigué par le ruisseau, et le Tigerland est ainsi tombé sur le château de Villeneuve qu’encerclent les fermes médiévales cossues. Après les lares de Pezay, S-O, les baignoires annoncent des bourbiers un peu plus sérieux vers les Oulches. Une légère montée est à peine perceptible par temps sec, mais quand c’est gras, la glaise demande attention et du suivi sur l’accélérateur… Il ne faut pas lire son journal. C’est là que nous avons rencontré la « classe verte » : marmots et instits étaient au balcon, avec la sourire bien sûr, pour nous voir passer.
Aux Oulches, le labyrinthe des ruelles est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît. En fait, il suffit de passer à gauche du clocher et de poursuivre droit devant. Après le cimetière, N-O, le bocage multiplie les grosses flaques et les bourbiers. Les haies sont taillées au cordeau comme si les 4x4 évoluaient dans le jardin à la française d’un palais royal ! C’est un peu comme dans la Nièvre : ici les chemins sont entretenus et les haies d’aubépine sévèrement domptées pour ne pas envahir agressivement l’environnement.
De majestueux corps de fermes surgissent dans le voisinage. A droite, un long mur d’enceinte cache une chapelle qui protège la vallée de la Creuse. La belle rivière fait son retour et les voitures viennent la saluer au pied de la cassure. En face, sur la rive opposée, trônent deux gentilhommières prostrées devant ce paradis de verdure. Après la dernière ferme, le goudron disparaît au profit d’une piste qui vire Sud pour se faire à gué le ruisseau de Brion. Nous n’avons pas pu le prendre en photo en raison de la météo et du fait qu’il se situe sous la frondaison épaisse des chênes. Pas de lumière ! Mais sachez qu’il peut être très profond. Le Defender Auto 24, en le traversant, a provoqué une vague qui est venue se placer juste sous les… phares, c’est à dire bien au-dessus du treuil. Le fond est porteur, il n’y a pas de crainte à avoir, mais il ne faut pas aller à la noyade. S’il y a du courant, mieux vaut faire demi-tour ou disposer d’un schnorkel. En tous les cas, c’est bien amusant.
Le goudron s’impose alors pour un bail de 3 km, S-O. C’est le coin d’une forêt touffue où les voies sont envahies et de nombreuses parcelles privées, fermées par des barrières. La ferme des Vivets annonce le retour des hostilités. Et oui, c’est là que vous attend le plus gros bourbier du périple. Dans le sous-bois bien humide, le chemin gras semble anodin. Bourbiers et baignoires se négocient avec une certaine décontraction, sauf qu’il faut se méfier du dernier de la classe. Si à droite il passe bien, le côté gauche est traître. L’ornière se montre déjà beaucoup plus profonde et se termine par une super marche. Bref, c’est un coup à se planter si le pilote n’est pas attentif… Tout le monde est passé, merci pour nous.

Salut Guillaume !
Sorti des bourbiers et du bois, l’itinéraire a tôt fait de renouer avec le cher bocage. Sud puis Ouest, les ruraux saluent quelques champs et jachères que l’on appelle des brandes ici dans le Berry. A priori, c’est surtout le maïs qui est à l’honneur. En prime, près de Baudan, vous découvrirez à main droite, les premiers étangs du parcours. On est assez loin de la Brenne aux multiples étangs, mais les nappes liquides saupoudrent tout le territoire de l’Indre, y compris le Sud plus vallonné. C’est certain, dans le pays, ils ne sont pas prêts de mourir de soif ! Après Baudan, des anciens corps de ferme aujourd’hui abandonnés (panneau « propriété privée ») annoncent une intersection capitale. A la fourche suivante en effet, prenez bien à droite, la branche de gauche mettant le cap sur un rendez-vous de chasse. Chacun chez soi…
Après le secteur du Grand Tremble qui s’anime d’un golf et d’un centre équestre, les grandes pistes traversent un paysage plus ouvert, plus large. Le bocage laisse provisoirement le terrain à la culture intensive. Les grands labours bruns, au cœur de l’hiver, mettent en valeur les lisières vert foncé des bois ainsi que le brillant des étangs qui étincèlent à la lumière du jour. En filant en Sud, après avoir tourné à droite au milieu de la pampa, il fait mettre du gaz quand c’est gras afin de récupérer sa vitesse de croisière mais ensuite ne pas rouler trop vite pour éviter le « déraillement ». Je vous le dis, ça glisse grave et heureusement que le coin est plat !
Les étangs du Petit Mareuil notifient l’arrivée sur la cité de Bélâbre. Il faut ici s’infuser 5 bornes de macadam, mais il n’y a pas d’autre solution non plus. Pour vous faciliter la vie, nous avons envisagé la solution la plus simple. Il suffit de rentrer dans la bourgade et au carrefour majeur, s’engager Sud sur la D 927. La départementale enjambe l’Anglin, rivière grossie par un barrage, et qui laisse voir ses belles rives et ses demeures sur l’eau.  On quitte la D 927 en direction du Triou, hameau indiqué clairement par une signalisation. Que demande le peuple !
S-E, le grand communal plonge dans le vallon de l’Epeau (pissou) où un cabanon balise la présence d’une jolie mare, puis remonte sur la plate-forme cultivée.
Après les fermes de La Croux, le Land Auto 24 est reparti à la conquête du bocage. Les charolaises et les limousines ont mis leurs prétentions à la baisse au profit des ovins qui ont ostensiblement pris possession de ce coin de Berry. On imaginerait bien ici le Domrémy de Jeanne d’Arc en train de garder ses brebis, mais la pucelle était lorraine… Toujours est-il que l’endroit s’avère bucolique d’autant qu’un étang vient pimenter l’esthétique du tracé. De l’autre côté de la D53, l’accès au Petit Varrat est commandé par un parcours gras, légèrement en montée et qui réclame toute votre attention.
Et c’est ainsi que le ruban de glaise dépose les 4x4 devant les murailles de Château-Guillaume. La superbe forteresse médiévale fait bon ménage là aussi avec une résidence aristocratique encore habitée aujourd’hui. Petits veinards. C’est vraiment un monument majestueux, qui se visite, et qui fait écho à un village d’une grande beauté. Les fermes médiévales encerclent une belle église romane qui était décorée pour Noël au moment de notre passage.

Il n’est pas vrai ce Vavret !
Toujours vers le Sud, le Def Auto 24 est parti à la rencontre du ruisseau suivant, à savoir celui du Vavret. Le passage à gué est sympa, orné par les prés à moutons, les haies d’aubépine et le bois de chênes de la remontée. Puis, hissés sur le plateau, nous avons suivi les allées herbeuses et larges qui transpercent les pacages à moutons pour atteindre Bernier puis le hameau de la Bordelaise en longeant un vallon verdoyant.
Par les fermes des Petites puis des Grandes Hérolles, les 4x4 et motos accrochent le château du Pin. De loin, il ressemble à une ferme fortifiée, mais devant le portail, il faut se rendre à l’évidence, c’est bien une demeure gaillarde, encadrée par deux tours solides. En contournant l’édifice par la gauche, le chemin dégringole dans une cavée touffue et remonte immédiatement le versant opposé. C’est là que vous attend le second tronçon technique de cette riche randonnée. Le chemin se fait en effet plus étroit, bascule dans une ravine, s’offre une belle marche avant une remontée sinueuse et glissante. Au milieu des lacets, restez dans les traces pour ne pas glisser dans l’arène naturelle située sur votre droite. Et pour clôturer le tout en beauté, le passage se déroule sur un tapis de sang provoqué par les feuillages morts des chênes et des fayards. Très sympa vraiment.
Après l’Effe, les grandes pistes prennent le relais et globalement Est, relient Thélisset et les Sauniers en saluant les ruisseaux de la Fontaine et du Vavret avec lequel on joue pour la troisième fois de la journée ! Mais Après les Sauniers, le bocage berrichon devient moins visible, simplement par que les chemins deviennent plus étroits et planqués dans des haies touffues ou les chênes traditionnels font ici cause commune avec les liserons, les ronciers, les aubépines et les sureaux. N-E, le ruban vert serpente ainsi jusqu’à Milloux et Bonnefont. Il ne reste plus pour achever cette virée qu’à se laisser guider par la D 36 jusqu’à Chaillac.
Vous verrez, la rando est géniale et vous donnera envie de retourner visiter la contrée. Et c’est tant mieux. L’Indre fait partie de ces départements méconnus qui devraient nous faire oublier progressivement certains « pots de miel » où nous allons tous régulièrement mais qui, finalement, n’ont de valeur que celle qu’on veut bien leur donner !

-> Guide Pratique

GUIDE PRATIQUE

Distance et durée : 78 km, un week-end classique avec les visites !
Niveau de difficulté : Balade familiale, plus technique si humide avec 2 passages délicats
A voir absolument :
Les rives de la Creuse à Argenton-sur-Creuse, le pont de bois couvert ; les châteaux de Chabenet, Broutet, Conive Rivarennes ; la collégiale de Saint-Gaultier ; le château de Villeneuve, la vallée de la Creuse, la vallée de l’Anglin à Bélâbre ; Château-Guillaume : la forteresse, les fermes du village, l’église romane ; le château du Pin.
Cartographie : Cartes IGN au 1/250000e n° 2127 O, 2126 O, 2026 E et O, 2027 E et O, 2028 E et O.

 

LA LOI A L’OUEST DU PECOS

Dans l’Indre, il n’y a globalement pas de signalisations d’interdiction. Celles qui existent, nous les devons à plusieurs élus réfractaires, comme partout ailleurs, mais surtout à la politique du PNR de la Brenne. Comme tous ses pairs, ce Parc n’a de naturel que le nom puisqu’il s’agit en réalité d’un espace rural. Même la plupart des étangs ont été créés (facilement) par l’homme à des fins de pêche. A une époque, des panneaux non conformes (vert foncé) avaient été placés à l’entrée de certains parcours balisés pour interdire la rando motorisée. La plupart d’entre eux ont disparu… Toujours est-il que le danger réside aujourd’hui dans la mise en place de Natura 2000 et des PDIPR. Heureusement, en matière de randonnée pédestre, le président du Comité Régional, Alain Nevière, est aussi un pratiquant de la moto verte et dans une moindre mesure du 4x4. Comme il a été directeur du Comité Départemental du Tourisme du département, cela explique certainement pourquoi l’Indre reste encore un département accessible et… plus tolérant que certains autres.
Réseau : Michel Choret, tél. 02 54 47 44 33.

LA VIE AU PAYS

Contacts utiles :

  • Comité Départemental du Tourisme, 1 rue Saint-Martin, 36000 Châteauroux, Tél. 02 54 07 36 36.
  • PNR de la Brenne, Maison du Parc, Le Bouchet, 36300 Rosnay, Tél. 02 54 28 12 13.
  • Office du Tourisme, 36800 Saint-Gaultier, Tél. 02 54 47 14 36.
  • Syndicat d’Initiatives, la Quintaine, BP 14, 36370 Bélâbre, Tél. 02 54 37 22 21.

Clubs :

  • Club 4x4 = 36, 25 rue Raymond Lagoutte, 36270 Eguzon, Tél. 02 54 47 44 33. Créé en 1988 et toujours présidé par Michel Choret, le club est un passage obligé pour le département puisque c’est la seule association de 4x4 connue et reconnue. C’est un des plus vieux clubs de France par la force des choses. Il compte une dizaine d’adhérents et sympathisants. Il organise 4 randos dans l’année mais consacre beaucoup de temps et de week-ends à recevoir des clubs ou des groupes constitués venus de toute le France. Adhérent au Codever, le club organise chaque année un chantier à l’occasion de la Journée des Chemins avec toutes les autres disciplines : moto, VTT, équitation et même la rando pédestre.

Gîtes et Couverts :
Il existe dans l’Indre une multitude de chambres d’hôtes, notamment dans les châteaux tels que ceux de Chabenet ou de Rivarennes. Si vous voulez séduire et surprendre votre dulcinée, il y a matière ! Il y a aussi les adresses suivantes :

  • Hôtel Auberge du Pont, 46 rue Nationale, 36800 Pont-Chrétien, Tél. 02 54 25 81 03. Ne fait plus restaurant. Chambres de 19 à 28 € pour les petits budgets. Sans prétention.
  • Le Relais de la Bouzanne, 15 rue Principale, Chabenet, 36800 Pont-Chrétien, Tél. 02 54 25 81 54. Face au château de Chabenet. Super accueil, cuisine réputée. Menus de 12,5 à 24,50 €.
  • Auberge de Thenay, 23 rue René d’Helbingue, 38600 Thenay, Tél. 02 54 47 99 00. Spécialités de rôtis au tournebroche, multitude de whiskies (300). Parfois le patron vous accueille en kilt ! C’est bien sûr un amoureux de Land Rover. Menus de 10,50 à 50 €. Produits de la chasse en saison. Une seule chambre à 50 €, véritable nid d’amour. Bonne adresse.
  • Chambres d’hôte de Loudieu, 36800 Luzeret, Tél. 02 54 24 82 44. Cadre de caractère. Chambres à 61 € pour deux avec les petits déjeuners.
  • Auberge du Berry, 8 place de la République, 36370 Bélâbre, Tél. 02 54 37 59 82. Bon accueil. Menus de 10 à 22 €. Chambres à 23 et 27 €.
  • La Gerbe de Blé, 36310 Chaillac, Tél. 02 54 25 74 07. Cadre sympa et bonne table. Menus de 15 à 35 €. Service de qualité.

Produits du terroir :

  • Fromages de vache : Ferme de Bel Air, 36800 Saint-Gaultier, Tél. 02 54 47 00 21.
  • Fromages de chèvre : Ferme de la Petite Ménardière, 36370 Lignac, Tél. 02 54 25 67 72.
  • Poissons : Fish Brenne, 36300 Le Blanc, tél. 02 54 28 01 35.  Filets de carpe, d’anguille, de silure, d’omble chevalier.
  • Lentilles vertes : Ferme de la Bisquinerie, 36150 Fontenay, Tél. 02 54 49 80 58.

     
Stations ouvertes le week-end :
Argenton sur Creuse, Saint-Benoît du Sault.

Indice de fréquentation :
Une classe verte (une vingtaine d’enfants et leurs instits), trois VTT, un jogger, deux chasseurs, un 4x4. Pas de pédestres, ni de cavaliers, ni de motards.

-> Photo
. : N’hésitez pas à faire la Manche : .
-> Road trip illustration
-> Reportage Manche

Itinéraire 4x4 : la Manche

N’hésitez pas à faire la Manche

 

Par Jean-Pierre Steiner


Cette virée normande est carrément historique puisqu’elle salue plusieurs hauts lieux du débarquement de 1944. Vous serez bien au pays des Jeeps, là où le bocage et les socles de granit viennent se fondre sur les plages et dans la mer.

Parcours : 86 km
Durée : un week-end avec les visites.
Difficulté : niveau 2
Particularités : pneus boue obligatoires
Conseils : Comme cette rando qui nous a été concoctée par le club TT de l’Estuaire de la Seine (76) se déroule sur les terres du débarquement  de 1944, il est clair que ce parcours est à éviter durant les week-ends de juin et plus particulièrement le 6 ! Au-delà des riverains qui peuvent se montrer grincheux, il faut savoir que tous les chemins sont embouteillés à cette époque et hautement fréquentés par tous les clubs de jeeps d’Europe, sans oublier les anciens combattants. Chaud devant. Et derrière. Piétons nombreux le dimanche : mieux vaut rouler le samedi.

Beaucoup de gens ne savent pas où placer le département de la Manche. Pire, certains ne savent même pas qu’il existe. Mais il suffit d’évoquer le Mont Saint-Michel ou Sainte-Mère Eglise pour que les esprits parviennent à repérer ce coin de Normandie qui compte parmi les plus beaux. Avec le fameux Mont Saint-Michel comme premier site de France, la Manche est même depuis des lustres le département le plus fréquenté de l’Hexagone. Il s’étend sur l’extrémité occidentale du bocage normand et sur la péninsule du Cotentin auquel ce périple fait honneur. C’est une région essentiellement rurale dont les prairies quadrillées constituent les jolies salles à mangers des bovins. Beurre doux ou demi-sel ? Certains secteurs littoraux dont celui que vous traverserez pour rejoindre Barfleur, sont consacrés aux cultures maraîchères. Bref, l’agriculture demeure reine même si la pêche et le tourisme estival fournissent des ressources d’appoint non négligeables. Les petits ports sympas restent accueillants sur le versant Est du Cotentin, alors que vous dénicherez de longues plages sublimes sur la façade occidentale, notamment vers Coutainville. L’industrie du textile a périclité, donnant sa place au centre atomique de la Hague, celui-là même qui défraye régulièrement la chronique. Mais nous n’irons pas jusque là puisque le parcours évite soigneusement le monde trop civilisé. Bruno Dragon, Stefan Marlier, Jean-Yves Delamare, Franck Thieulent et Stéphane Beux vous présentent au contraire les bocages et les rivages du débarquement, là où les Jeeps ont généré l’image du 4x4, synonyme de libération…

Ca va John ?
« Jean a des moustaches, Jean a des moustaches » crachent les TSF. En ce 6 juin 1944, les troupes aéroportées des Alliés débarquent en Normandie. Les paras américains et canadiens sont jetés au-dessus du bocage du Cotentin derrière les lignes allemandes. Une brigade atterrit ainsi en pleine nuit sur le village, devenue fameux, de Sainte-Mère Eglise. L’un des paras restera suspendu par son parachute au clocher de l’église : c’est John Steele qui devient à tout jamais l’une des figures de ce jour J. Un mannequin est aujourd’hui accroché à la toiture de l’édifice afin de rappeler l’aventure de ce soldat qui n’en demandait pas temps. Pour la petite histoire, John Steele est mort en 1989, bien longtemps après les événements…
Rendez-vous à Sainte-Mère l’Eglise, vous l’aurez déjà compris. De l’autre côté du clocher, E-N-E, la vicinale se faufile entre le stade et le collège et se transforme illico en beau communal de terre battue. La campagne est plate, faite de prairies quadrillées par les hautes haies de saules, de chênes et de fayards dans lesquelles les chemins viennent s’encastrer. Ici, les escarmouches ont été très violentes au moment du débarquement. D’ailleurs, en repartant N-O en direction d’Emondeville, en croisant la D 17, le monument aux morts rappelle l’âpreté des combats.
Près de Baudienville, la vieille grange de la Forge Pascal vous avertit de la présence de rigoles latérales. Attention, elles sont profondes et mieux vaut ne pas rêvasser, surtout par temps de pluie quand la glaise ultra glissante vous entraîne vers le bas-côté… Dans les prés, quelques chevaux se mettent à faire la course avec les 4x4. Après les fermes et gros hangars de Houlbec, le tracé reprend de plus belle en direction du N-O à travers le bocage riant, enjambant le ruisseau des Moulingolles par le Pont Percé. A Emondeville, droite/gauche : le Defender a salué cimetière et église et s’est engagé sur la D420. Mais là, tout de suite, à 100 mètres du carrefour, un nouveau communal gadouilleux longe la ferme fortifiée, attrape une mare aux canards. Attention, à la croisée suivante, il faut virer à droite à 90°. L’itinéraire met alors cap au Nord pour déguster quelques bourbiers et baignoires avant d’atteindre Joganville. Puis, toujours N-O, les communaux se succèdent les uns aux autres à travers prés, flirtant avec les abords de Vaudiville avant d’accrocher Vaudival puis le Village de l’Eglise. Celui-là, il porte bien son nom et vous y découvrirez outre les belles demeures, un superbe clocher fortifié et austère, aux façades planes, typique de la région.
Le festival se poursuit vers le N-N-O. Mais au carrefour suivant, après avoir tourné à droite N-E, vous tomberez sur le tronçon le plus étroit de cette rando. Encadrés par une épaisse haie de frênes et des talus moussus, les 4x4 doivent progresser cools au cm près. Les véhicules très hauts, comme le Defender-Tigerland, doivent la jouer fine en fonction des branches basses. Ensuite, par les petites vicinales crottées qui transpercent cette fois-ci quelques champs, la manœuvre consiste à traverser la grande départementale D 14 –très fréquentée le week-end- afin de fondre sur la Sinope, joli ruisseau aux eaux brunes. De là, la vue embrasse les flots de la grande bleue, pour la première fois du voyage.

Sur la grève romantique, huîtres et crustacés
Au fond de sa cavée, le gué sur la Sinope est des plus pittoresques. Ne vous amusez pas à le passer et repasser comme des burins débiles dans la mesure où il y a là plusieurs demeures riveraines habitées. Merci d’avance. De l’autre côte de l’eau, la piste remonte Nord vers le hameau de la Devise. Dès que le goudron apparaît, prenez immédiatement à droite comme indiqué par le croquis. Le ruban d’asphalte, le village de Lestre traversé, vous déposera en contrebas dans le bocage de prés salés. Cette portion de bitume vous donnera l’occasion d’admirer le manoir de La Cour qui est en fait la maison de maître de l’immense ferme ancienne. Cet habitat est caractéristique de ce qui se construisait de beau il y a plusieurs siècles…
Les 4x4 se retrouvent en aval devant les établissements ostréicoles. Au T, prenez à droite et renquillez sur la grande piste rurale Nord qui longe les clapotis de la mer. Attention, là encore, n’y allez surtout pas faire les malins. C’est une grève pas une plage, c’est à dire que le terrain est meuble, pour ne pas dire marécageux… L’aspect de certains roseaux vous confirmera cette information. Ah, pendant que j’y suis, mieux vaut ne pas vous planter dans ce genre de hors piste : loi littoral oblige, la facétie vous coûtera 1300 € et la confiscation du véhicule en cas de récidive... Pigé ? Toujours est-il que cette piste, c’est la cerise sur le gâteau. A 1 km du rivage, quand la marée est basse, on aperçoit les collecteurs d’huîtres de Saint-Vaast qui, reposant sur la vase, dépassent légèrement des flots. Un peu plus loin, à deux reprises, la voie s’évapore pour reprendre sa course 100 à 150 mètres plus loin, ce qui oblige les voitures à mordre sur les graviers et le sable. Ce sera aussi l’occasion de faire connaissance avec une belle baignoire. Attention, à la saison des pluies, elle doit être très, très profonde. Un homme avertit en vaut deux.
Mais les meilleures choses, c’est bien connu, ont une fin. A la grande esplanade, on rejoint Quettehou par la D14 non sans avoir mater le fort de la Hougue. Puis le Def-Auto 24 a  enchaîné dans la foulée avec la D 902 vers l’O-S-O, en direction de Valognes. A la sortie de la bourgade, ne manquez pas la belle église romane qui, accompagné de son cimetière, trône sur son promontoire. Cela étant, cet itinéraire direct coûte 6 bornes, mais les lascars du club de l’Estuaire de la Seine ont opté pour cette solution afin de ne pas provoquer une navigation fastidieuse pour des pistouilles sans grand intérêt.
Après les pacages à moutons et les prairies à canassons, au sortir du bois de Rabey, le festival de terre battue reprend vers le Nord. Puis E-N-E, après le village du Tronquet et le hameau de Fanoville, il convient de rejoindre la D 26. Elle est la clé du tronçon suivant qui, N-O, s’ouvre sur la ferme/manoir d’Ourville, une autre petite merveille locale. Le relief s’est accentué et c’est une succession de légères grimpettes et descentes plutôt sympathiques. Mais ne vous laissez pas endormir. Peu avant Ourville, faites attention à la traversée de la D 328 que vous ne verrez qu’au dernier moment. Et il n’y a aucune visibilité ! Après la ferme moyenâgeuse, une piste prend le relais N-E pour rallier à travers les landes et les ajoncs, l’oratoire de la Pernelle. Son clocher, du haut de sa corniche abrupte, toise la plaine maraîchère, l’île de Tatihou et son fort ainsi que le marais de la Saire, laquelle lance ses méandres en direction de la Manche. Le panorama est top par beau temps.

Une perle et des blockhaus
Du pylône Télécom de la D 125, toujours à travers les landes, un chemin en descente longe ensuite un bois de hêtres pour fondre sur Vicel, village à partir duquel on rejoint tranquillement la vallée de la Saire et Anneville. Dans cette plaine maraîchère très active, le réseau dense des ruraux transperce les cultures intensives et les champs, propose quelques baignoires amusantes et globalement N-E, accroche au final le port de Barfleur. Ce dernier est une perle, moins galvaudée que certaines autres cités portuaires et c’est peut-être cela qui compose son charme indéniable. Avec ses beaux bateaux de pêche et ses embarcations en réparation sur d’immenses tréteaux, la cité respire quelque chose d’authentique, de plaisant. Bref, on s’y sent bien et c’est bien entendu le moment de rentrer dans une taverne pour profiter de l’endroit.
Le Tigerland est reparti vers le Nord, le long de la côte, par la D116. Après le moulin à vent bien restauré de Crabec, il s’est engagé le long de l’anse du même nom. Là, le dimanche, c’est plein de promeneurs en balade digestive et vaut mieux rouler calme… On rejoint de cette manière (et par un chemin) le phare de Gatteville, le plus haut d’Europe, qui se dresse fièrement face aux flots et à l’écume. Il se voit de loin, pour sûr, mais rien ne vous empêche d’y faire un saut si cela vous chante ! Vers l’Ouest, la route longe une plage puis une grande allée de poussière jaune paille se jette dans le prolongement. A droite la mer et ses vaguelettes, à gauche le monde des étangs dont celui de Gattemare et des zones marécageuses où se complaisent aigrettes et hérons.
Un peu plus loin, alors que les prés salés ont remplacé à gauche le marais, surgissent les grands blockhaus de la Pointe de Néville qui ont encore fière allure. Ici aussi on s’est beaucoup battu en juin 44… La belle ferme annonce la fin de cette croisière maritime et l’atterrissage sur Réthoville. Le bitume vous entraîne alors vers le Sud, sur les belles demeures du Moulin. Là, Ouest, un chemin creux du plus bel effet, agrémenté d’un bourbier, noue avec les fermes du Haut Hameau qui s’étalent au milieu des champs de céréales. Après la Chevronnerie, les maisons gagnent encore en beauté tandis que le relief s’accentue de nouveau, montrant que la plaine est bien loin maintenant. Le parcours est ici relativement haché de manière à vous donner un maximum de plaisir. S’il reste orienté globalement Ouest, il oscille simultanément du Nord au Sud, notamment pour vous offrir en sacrifice le chemin creux escorté de murets et de baignoires qui déboule sur le hameau de Beaumont. De l’autre côté du vallon, le tracé salue alors le moulin de Hacouville, une merveille architecturale, qui tient plus du manoir fortifié que de la demeure d’un meunier ! Le chemin se hisse alors sur le plateau et renoue avec le bocage normand verdoyant, les murets de granit et les villages pittoresques tels que celui de Morel. Le relief s’accentue encore, embellissant de fait les décors.

La route des Moulins
Comme vous avez pu le constater, il y a déjà eu beaucoup de moulins à ce stade du parcours, mais l’itinéraire qui suit rejoint une vallée touristique de très grande beauté, dite des moulins, ce qui explique le présent sous-titre !
Le bocage reste le roi avec ses murets, ses chemins creux, mais aussi avec plusieurs vallons cachés où viennent se lover des rus gracieux. Sur la D 210, à la hauteur d’Inthéville, le Defender-Auto 24 a mis brusquement cap au S-E, sur les conseils de nos experts normands du club TT de l’Estuaire de la Seine. Les 4x4 dévalent dans un premier temps une forêt de chênes avant d’escalader le versant opposé par un chemin creux, incendié par les feuilles rouges des hêtres magnifiques. Puis, après le pacage à moutons, les chemins se remettre à décliner pour atterrir en douceur sur les jolies demeures de Chaudelande. Au sortir du hameau, N-O, le chemin plonge dans une nappe liquide sympathique à remonter. Soyons clairs, les voitures ne remontent pas un ruisseau. C’est au contraire ce dernier qui s’est invité au milieu de la voie, ça arrive de temps en temps. Au travers de la magnifique forêt de hêtres avec laquelle on renoue avec plaisir, les 4x4 et motos doivent vaincre un lacet pervers en pleine grimpette, de nouvelles baignoires et l’étroitesse du dernier chemin creux du lot. Dès que vous débouchez sur la grande allée, prenez à gauche toute. La pente vous dépose comme une fleur à la route, mais sur le hameau du Moulin où une mare romantique fait écho à la beauté des maisons anciennes bien restaurées. Le décor miniature est plein de charme : vous êtes dans la vallée des moulins. Si vous disposez d’un peu de temps, n’hésitez pas à la remonter à pied, ou bien à dénicher quelques sites pittoresques par la route à partir du Mont Varin. La vicinale saute le vallon idyllique et monte à l’assaut de la corniche de roc pour aller saluer l’église et les logis retapés de Carneville. C’est une nouvelle carte postale qui se dévoile devant vous.

Maintenant, il s’agit de penser au final. A l’Ouest de Carneville, la route de Maupertus permet de capturer la piste des landes. Là, on se croirait plutôt en Bretagne qu’en Normandie. N-O, elle s’impose au milieu des chaos de granit, des ajoncs et des sapins avant de venir à la rencontre d’un circuit de motocross où chaque week-end vous êtes assurés de voir des bécanes tourner. Spectacle garanti. Il ne reste plus qu’à plonger sur la départementale D 116 après le lotissement : elle vous mènera jusqu’à l’Anse du Brick dont la plage romantique devrait booster le séducteur (trice) amoureux (se) qui dort en vous.
Enfin, s’il vous reste encore un peu de temps, filez en pèlerinage au Mont Saint-Michel. C’est vraiment un site grandiose. Si vous ne l’avez encore jamais vu, c’est l’occasion de combler une lacune incontestablement préjudiciable.


-> Guide pratique Manche

GUIDE PRATIQUE

Distance et durée : 86 km, un week-end classique avec les visites !
Niveau de difficulté : Balade familiale de niveau moyen-cool
A voir absolument :
Les églises de : Sainte-Mère, Village de l’Eglise, Quettehou, la Pernelle, Carneville ; les musées du débarquement, les ports de Saint-Vaast et de Barfleur, les forts de la Hougue et de l’île de Tatihou, les blockhaus de la côte, le Moulin à vent de Crabec, les fermes-manoirs et les fermes fortifiées telles que celles de La Cour et d’Ourville, le moulin de Hacouville, la vallée des moulins.
Cartographie : Cartes IGN au 1/250000e n° 1311 O, 1310 O et 1210 E.

 

LA LOI A L’OUEST DU PECOS

L’Ouest de la France peut entretenir des calamités qui n’ont rien à envier à celles de l’Alsace ou de la Franche-Comté. Ici aussi, on essaye « d’institutionnaliser » une notion parfaitement illusoire –et illégale- de « sentier pédestre ». Elle fait écho d’ailleurs aux mises en place abusives de panneaux « interdits  sauf riverains ». Dans le Cotentin, le Conservatoire du Littoral se rend acquéreur d’un maximum de terrains pour mieux interdire l’accès aux chemins qui les traversent. Si ces derniers ne sont pas référencés aux cadastres, le Conservatoire les ferme carrément. C’est classique, mais c’est efficace. Côté excès, on retrouve aussi ceux des PNR, en l’occurrence celui des marais du Cotentin et du Bessin. Par ailleurs, plusieurs élus se distinguent par leur intolérance et… l’illégalité de leurs arrêtés. C’est le cas à Maupertus (commune de l’arrivée, mais votre final s’effectue par la route) où de nombreuses signalisations « interdit aux 4x4 et motos » ont été installées à l’entrée de plusieurs chemins. Et dans le district de la Hague, les communes sont riches et ne regardent pas à la dépense en matière de panneaux. Il paraîtrait en effet que la Cogema, la société qui recycle les déchets nucléaires, subventionne ces communes proportionnellement au nombre d’employés qu’elles accueillent…

 

LA VIE AU PAYS

Contacts utiles :

  • Office de Tourisme, Place du Gal de Gaulle, 50550 Saint-Vaast, tél. 02 33 23 19 32.
  • Office de Tourisme, rue Eisenhower, 50480 Sainte-Mère église, tél. 02 33 21 00 33.
  • Office de Tourisme de la Vallée des Moulins, 50840 Fermanville, tél. 02 33 54 61 12.

Clubs :
Il existe des départements sinistrés. La Manche en est un : à part les Randonneurs de la Presqu’île qui ont existé à l’époque antédiluvienne, il n’y a jamais eu de clubs 4x4 dans la Manche. C’est la raison pour laquelle nous avons fait appel aux très sympathiques animateurs du Club TT de l’Estuaire qui sont venus spécialement de la Seine Maritime pour me servir de guides. Merci les gars pour cette aide plus qu’appréciable.

  • Club Tout Terrain de l’Estuaire de la Seine, 4 rue de la Forge, 76280 Beaurepaire, tél. 06 25 06 42 97. Créé en septembre 1980, le bougre a de la bouteille, c’est le moins que l’on puisse dire ! Il compte aujourd’hui 24 adhérents actifs. Les autres ont été remerciés… Il est aujourd’hui présidé par Jean-Yves Delamare, et animé par Franck Thieulent, Bruno Dragon (le juridique) et Stéphane Beux (gestion des sorties). Il organise 11 sorties dans l’année dont la fameuse Croisière Normande qui reste le vaisseau amiral du programme. La 18ème du nom aura lieu en juin prochain, durant le week-end du 27/28. Par ailleurs, l’association participe tous les ans à la Journée des Chemins, assure l’assistance du rallye « cidre et Pommiers », anime les salons régionaux par des baptêmes 4x4. Et n’oublions pas le Téléthon. Et malgré le taux d’activité, le club reste une bande de joyeux drilles !
  • Stefan Marlier, tél. 06 85 66 24 17. Il a été notre contact actif pendant ce reportage, livrant plusieurs plans intéressants dont le gué sur la Sinope. Il compte prochainement créer avec des amis une association de Land Rover dans le département de la Manche où il vit. Les sorties seraient néanmoins ouvertes aux autres marques. Il espère aussi monter un centre TT de loisir.

Gîtes et Couverts :

  • Hôtel John Steele, 4 rue du Cap de Laine, 50480 Saint-Mère Eglise, tél. 02 33 41 41 16. Bon accueil et patronne mimi. Repas de 13,50 à 34 €. Chambres à partir de 38 €. Pour le départ, c’est parfait.
  • Brasserie le Saint-Michel, 13 place Clémenceau, 50630 Quettehou, tél. 02 33 20 52 51. Super accueil et une autre patronne mimi ! On peut y manger chaud et tard le midi. On s’en tire pour 15 €.
  • Café du Port, 5 quai Vauban, 50550 Saint-Vaast, tél. 02 33 23 42 42. Menus de 18 à 29 €. Chambres de 41 à 53 €. Face au port.
  • Le Panoramique, 50630 la Pernelle, tél. 02 33 54 13 79. Super vue sur la mer, accueil sympa. Menus de 14 à 30 €.
  • Le Phare, 42 rue Saint-Thomas, 50760 Barfleur, tél. 02 33 54 10 33. Patron quatquatreux. Ne fait plus hôtel. Menus de 13 à 26 €. Spécialités de fruits de mer.
  • Au Bouquet de Cosqueville, 50330 Cosqueville, tél. 02 33 54 32 81. Super gastro réputé dans la région. Menus de 19 à 60 €.
  • Hôtel Maison Rouge, l’Anse du Brick, 50330 Maupertus s/mer, tél. 02 33 54 33 50. Menus de  17 à 36­ €, gastronomie de qualité. Bonne adresse pour le final. Chambres à 43 € (il n’y en a que deux).

Produits du terroir :

  • Pommeau, calva, cidre : GAEC du Promenoir, 50250 Coigny, tél. 02 33 42 09 02
  • Fromages, charcuterie, tous produits du terroir : l’Impasse Gourmande, Impasse Bob Murphy, 50480 Sainte-Mère Eglise, tél. 02 33 08 16 87.
  • Huîtres : famille Lefebvre, 6 rue des Parcs, 50550 Saint-Vaast, tél. 02 33 54 43 04.

Stations ouvertes le week-end :
Sainte-Mère Eglise, Quettehou, Cherbourg.

Indice de fréquentation :
Deux 4x4, une dizaine de voitures plates, deux motos, deux cavaliers, trois VTT, deux randonneurs pédestres, des promeneurs uniquement le dimanche et près des… restaurants.

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32ème CROISIERE BLANCHE du 27 au 30 janvier 2009

La règle de l’exception

 

Texte : Jean-Pierre Steiner

 

La 32ème édition de la Grande Dame reste notre « Rolls Royce » de la randonnée mécanique, une offre ouverte aux 4x4, motos et quads.  Si vous ne connaissez pas cette hivernale, c’est le moment de l’inscrire pour le 27 au 30 janvier 2009 : le must de l’organisation, les itinéraires supers, les paysages coupant le souffle. La Croisière Blanche (ainsi qu’une dizaine de manifestations) demeure la lance de fer qui protège notre monde de rando.

L’un des énormes avantages que distille l’ancienneté, c’est de pouvoir ramener régulièrement sa fraise pour apporter, quand il le faut dans les débats, les précisions de la « vérité historique ». Ainsi, la Croisière Blanche, dans la transposition « rando tout terrain » que nous lui connaissons aujourd’hui sous la houlette de Jean-Louis Milelli, n’incarne en 2009 que sa 27ème édition, ce qui n’est déjà pas si mal. En effet, les 5 premières conduites par Philippe Jambert étaient des versions routières de raids hivernaux transalpins réservés à des… motos de tourisme. A cette époque, déjà reculée railleront certains, la Croisière avait pour sous-titre « les cols durs » puisque l’aventure consistait alors à franchir les passes enneigées -et pour la plupart fermées !- avec des gros cubes disposant de pneus cloutés ou d’enveloppes enrubannées de fil électrique souple afin de gagner en adhérence… Sachez encore que c’est la 18ème réalisation à Orcières Merlette, puisque trois Croisières TT ont eu lieu préalablement dans le Vercors, à Villard-de-Lans, en 1982, 83 et 84. Tout ceci pour vous dire que toutes les moutures, sans exception aucune, ont été des succès, du moins au niveau médiatique, de l’organisation générale et stratégique et de l’encadrement. En fait, le bât blesse (ou a blessé) quand la neige n’est (n’était) pas franchement au rendez-vous… Mais là, ce n’est vraiment pas de la faute des promoteurs, reconnaissons-le. Accusons plutôt la Météorologie Nationale… c’est devenu à la mode !

Le « must » exceptionnel de la rando

Avec 190 4x4 inscrits, 140 quads et 58 motos, des participants d’une douzaine de nationalités différentes, le bilan 2003 peut en faire pâlir plus d’un ! Avec les voitures de l’organisation, des journalistes et des partenaires officiels, la 26ème édition a affiché une participation effective de 498 engins. Une paille ! Ce n’est pas la caravane du Tour de France mais nous n’en sommes pas loin. Nous n’avons pas comptabilisé l’hélicoptère, ni les véhicules des pompiers ou des secours en montagne, prêts à intervenir en cas de coup dur, ni les engins des services communaux. Un pratiquant peut-il vraiment ne serait-ce qu’imaginer ce qu’un tel déploiement implique en amont ? Je ne le crois pas, tant nous pénétrons dans une autre dimension, laquelle ne présente aucune commune mesure avec l’univers des sorties clubs, voire des classiques traditionnelles de renom. En réalité, l’organisation de la Croisière a plus de points communs avec l'agencement d’un Paris-Dakar, à la seule différence près que TSO n’a pas à « border » ses concurrents le soir… Dans une rando événementielle, au contraire, il faut aussi inclure dans les prestations l’assistance des participants à tous les niveaux.
Il convient déjà de travailler sur les parcours qui depuis 3 ans concernent non seulement le Champsaur mais aussi la vallée voisine du Valgaudemar. 300 km de parcours à définir, à améliorer sans cesse, et à « road-booker » dans un périmètre forcément restreint, en fonction d’un enneigement qui plus est aléatoire, ce n’est pas une mince affaire. Depuis des lustres, la Croisière doit cette performance reconnue au « docteur fou », à savoir Pierre Fiederich. Il faut des tracés pour les quads, les motos, les 4x4 et d’autres encore pour le prologue ou le « groupe Extrême » qui voyage en autonomie totale en pleine montagne pendant 3 jours.

Dans un autre registre, les équipes d’encadrement sont depuis quelques années déjà sélectionnées, triées, et enrôlées parmi les participants et les adhérents. Cette méthode de « recrutement » interne a permis d’optimiser sérieux et compétence en évitant ainsi d’investir des clubs dont les états d’âme vérolent hélas trop souvent les rôles-clés et partant, l’ambiance générale. C’est dur à dire, mais c’est bel et bien la vérité. Chez les GRM, l’organisation est pléthorique puisque nous avons dénombré cette année 105 G.O. : médecins, secrétariat administratif, relations presse, relations publiques, assistances mécanique et technique, ouvreurs, guides, services de secours et autres cibistes. Pendant longtemps, sur le terrain, les équipes étaient chargées de sécuriser un site ou un passage délicat, c’est à dire que les lascars restaient en définitive pendant trois jours en train de se les geler au même endroit. Le procédé adopté aujourd’hui est plus valorisant pour les assistants puisqu’il consiste à encadrer des groupes de 15 véhicules participants, en voyageant en leur compagnie. En revanche, ils n’officient pendant les trois jours que sur une seule boucle, celle qu’ils ont choisie et qu’ils maîtrisent. Et bien entendu, pour gérer une telle usine à gaz, il faut une excellente gestion des hommes et des urgences car tout doit être au top, immédiatement, dès les contrôles et le stickage des voitures. Tout et tout de suite, telle est le leitmotiv. Il implique une hiérarchie bien huilée, des « personnels » motivés, compétents, capables de comprendre l’urgence dans le dixième de seconde et d’envisager la solution adéquate instantanément.
En marge de la réalisation de terrain, la présence de partenaires sur la manifestation démontre son ampleur populaire et médiatique. Et il s’agit ci de vrais partenariats et non pas de noms prestigieux avancés pour « faire bien » comme on le voit si souvent ici ou là… Le Conseil Général des Hautes Alpes, Mitsubishi, Point S ou Bridgestone ont directement participé à l’élaboration de l’événement hivernal. Et derrière ces gros poissons, se blottissent une multitude de petits sponsors, souvent des fidèles de longue date. Nous ne pouvons tous les nommer car la liste est longue !
Comme les Français ont majoritairement des rapports pernicieux avec l’argent (pour ne pas dire des tabous), y compris dans l’univers du 4x4 qui trempe fréquemment dans les commérages indélicats, démystifions l’aspect financier de l’opération. La Croisière Blanche engendre tout confondu 230.000 €, certes, mais en dépense illico près de 200.000 € !!! Alors  affirmer péremptoirement, avec la jalousie emphatique des frustrés, que « ça fait du fric », équivaut à distiller le vinaigre des imbéciles. Une telle entreprise implique obligatoirement des salariés permanents à l’année, des dépenses colossales pour assumer l’encadrement pléthorique, certes bénévole, mais qui coûte une fortune en frais, sans oublier les investissements administratifs, le matériel visuel (plaques, stickers, tee-shirts, blousons, bonnets, etc.) et les divers petits cadeaux, les invitations de VIP (Lagaf ou autre star), les débours liés aux relations presse et publiques, à l’ouverture des parcours, à l’édition des road-books et des différentes documentations. Et j’en passe certainement ! La moralité de cette histoire c’est que l’on peut parfaitement mettre en place une organisation pro sans pour autant sacrifier la passion. En ce qui concerne la Croisière Blanche, croyez bien au contraire qu’il faut une sacrée dose de passion pour supporter le fardeau et les responsabilités qui vont avec son succès !

L’exception qui confirme la règle

La Croisière est une rando, d’un genre très spécial, certes, mais c’est une rando. Compte tenu de la famille juridique à laquelle elle appartient, elle n’est donc pas naturellement soumise à autorisation ni même à déclaration préalable. Mais contrairement aux sorties clubs ou aux classiques traditionnelles, la Croisière ne présente pas les mêmes inconvénients ! 500 véhicules à trimbaler et à encadrer, ce n’est pas une mince sinécure surtout quand l’opération accueille aussi des engins non immatriculés comme les quads… C’est la raison pour laquelle, exception oblige, Jean-Louis Milelli a opté dès le départ pour une stratégie différente, pour ne pas dire opposée, à celle que prône normalement la réglementation elle-même. La manœuvre a consisté en l’occurrence à changer la Croisière de catégorie en la plaçant dans celle des « manifestations sportives ». Cette mutation impose alors un lourd dispositif d’autorisations et de déclarations, géré par la préfecture. En retour, quand toutes les choses sont en ordre, par cette méthode, l’organisation bénéficie d’un arrêté préfectoral qui la protège alors des agressions extérieures et des moyens de pression.
Avant d’aller plus loin dans le raisonnement, il faut bien comprendre le calvaire que ce processus impose. Ce n’est plus un fardeau, mais une chape de plomb ! La démarche implique en effet des dispositions draconiennes pour sécuriser les parcours (quads notamment) ; des conventions strictes en matière de services d’ordre, de réparations de voirie ou de secours ; des contacts avec toutes les administrations dont l’ONF, la DDE et la Gendarmerie, des négociations à n’en plus finir avec élus, fonctionnaires et contradicteurs ; la prévision des itinéraires de délestage, les demandes d’autorisation commune par commune, chemin par chemin (il y en a pour 300 bornes !) avec les maires et les propriétaires privés ; et sans oublier la mise en place d’un système pesant « d’attestations de remises en état » quand celles-ci apparaissent nécessaires ; et de la paperasse, de la paperasse et encore de la paperasse laquelle rime ici une fois sur deux avec prises de tête. Plus loin dans l’investigation, je suis même tombé sur des formulations administratives inquiétantes. Ainsi, l’arrêté préfectoral engage au premier chef la responsabilité de Jean-Louis Milelli et non pas celle des « Grands Randonneurs Motorisés ». Cela signifie entre autres que notre homme répond de toute entorse sur ses biens personnels et qu’il sera éventuellement le premier à porter les menottes ! Et croyez bien qu’il ne s’agit pas ici d’un simple morceau de papier anodin. De même, le préfet, représentant de l’Etat dans le département, n’est pas n’est pas homme à prendre des risques, politique du « parapluie » oblige. Pour la Croisière, « il a subordonné son autorisation » à une foule d’exigences outrancières dont plusieurs ne manquent pas de choquer toute sensibilité républicaine… De même, certaines conventions dont nous avons copie, notamment avec l’Office National des Forêts, ressembleraient à s’y méprendre à du « racket »…, virtuel bien sûr tant que tout baigne. Et puis merde, ne tournons pas autour du pot ! Le fonctionnement administratif nous a laissé l’impression d’un Jean-Louis Milelli pris en « otage » par une mécanique aussi froide que sophistiquée. Tant que tout ira bien que l’événement sera accepté avec enthousiasme, notre homme ne risque rien, mais il est clair a contrario qu’il sera le seul à régler la note au moindre écart, au moindre incident.
Mais « aller bien », ça veut dire quoi au juste? Aujourd’hui, la Croisière Blanche « va bien » parce qu’elle bénéficie depuis 18 ans de l’appui sans faille des communes du Champsaur. Mieux, il y a trois ans, les maires de la vallée voisine du Valgaudemar ont réclamé la venue de l’hivernale sur leurs terres. Cette affirmation ne souffre aucune ambiguïté. Robert Blache, conseiller général, et Christian Aigon, maire de Saint-Firmin que j’ai interviewés ont été sans équivoque. Pour eux, un événement comme la Croisière Blanche est un moyen efficace de faire connaître leur coin des Alpes, mais aussi de sculpter les marches d’un développement économique local. Pour eux, tous les vecteurs dynamiques sont bons : le ski, la moto, le 4x4. La Croisière, c’est aussi « leur » Croisière. Ils y tiennent dur comme fer et sont les meilleurs avocats du produit auprès de la préfecture et des administrations impliquées. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le principal « sponsor » de la Croisière reste le… Conseil Général des Hautes Alpes. Les élus l’ont souhaité ainsi. Et René Borel, devenu directeur du Comité départemental du tourisme d’ajouter : « je suis persuadé que sans la Croisière Blanche, 50% des chemins du Champsaur auraient déjà disparu ».
C’est ce côté populaire, âprement défendu par les élus qui permet jusqu’à présent à la Croisière de vivre sur de bons rails et de laisser simultanément sur la touche les détracteurs de toujours ou les services administratifs par essence hostiles. Mais ne nous leurrons pas. Si ce soutien des communes venait à faiblir ne serait-ce qu’un tant soit peu, les chacals viendraient immédiatement à la charge, en particulier ceux de l’administration, qui peuvent retourner à tout instant contre la Croisière les mêmes armes qui la protègent aujourd’hui. En effet, le régime de l’autorisation fait très facilement boomerang contre le « bénéficiaire ». Ce ne sont pas les organisateurs de l’enduro des Baïnes qui vous diront le contraire, eux qui ont vu leur manifestation interdite par la même préfecture qui avait donné son feu vert pendant plus de dix ans !
Et puis, comme à l’accoutumée, la Rolls des organisations pourrait compter sur la ferme « objectivité » scientifique des écolos. Elle vous permettra d’évaluer le travail de sape régulièrement dirigé par des enfoirés contre la Croisière Blanche…
Certes, aucun danger identifié et digne de ce nom ne semble se profiler concrètement, mais l’atmosphère ambiante pousse l’aiguille de notre baromètre sur la case « vigilance ». Certains se posent peut-être la question de savoir pourquoi j’entretiens de telles considérations. Simplement parce que le bon déroulement de la figure de proue de la rando 4x4 traduit par extension la (encore) bonne santé de notre activité. En revanche, si nos détracteurs parvenaient un jour à lui porter tort, c’est tout notre petit univers qui en pâtirait. Il s’agit d’en prendre conscience dans les chaumières de la planète 4x4.

. : Raid Apache : .
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Raid Apache


La ruée vers l’Ouest
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Par Martine D. et Sandrine D., photos Arnaud de Saint-LégerContenu 2

Amateurs de grands espaces et de sensations fortes, suivez-nous sur le parcours du Raid Apache, signé Action Loisirs, made in USA. Ce pays ne connait pas la demi-mesure : coup de foudre garanti! Vous allez en avoir plein les rétines... Et plein le mental.


A peine arrivé à Grand Junction, chacun s’affaire dans les magasins. Il ne faut surtout rien oublier : glacière, bidons d’eau, alimentation, jerrycan. Le dimanche matin, nous cédons à un moment de panique : comment caser les valises, la tente, les sacs de couchage, le matériel, les achats? Et les enfants??...
C’est parti. La 1ère étape, à travers le « Colorado National Monument » mène à Moab, Utah. Immédiatement, c’est le grand jeu, le premier festival de corniches et de belvédères, avec ces grands espaces à couper le souffle et ce spectacle incomparable de couleurs chaudes qui escortent le rio Colorado. Le ton est donné : il n’y aura pas de temps morts! Les premières heures, il faut aussi s’habituer à la lecture du road-book car il ne s’agit pas de s’égarer dans cette immense pampa désertique! Pas toujours facile pour certains! Après avoir récupéré des égarés, nous reprenons la piste. Première pendule mise à l’heure.



Les trésors des grands déserts :

Nous avons hâte de nous rapprocher du rio Dolorès afin de trouver un coin ombragé pour pique-niquer. Mais le ciel en a décidé autrement : les pluies des jours précédant ont fait monter le niveau des eaux. Doux euphémisme. La 1ère voiture, Wrangler pimpante, s’enfonce dans le gué coléreux, s’arrête à temps, mais s’enlise. Vraiment impossible de traverser sans se noyer! Nous sortons des Jeep afin d’aider J.P., le « G.O. » à se sortir de ce mauvais pas : nous sommes aussitôt assaillis par les escadrilles de moustiques qui n’épargnent aucune partie de notre peau. Il faut faire vite, ce n’est pas ici que nous déjeunerons. Un coin d’ombre dans un lit sec de rivière fait l’affaire un peu plus loin. L’objectif consiste maintenant à trouver un autre pont, le plus près possible de l’endroit (paumé) où nous nous trouvons. Nos tentatives par différentes pistes dont aucune n’aboutit, nous permettent de découvrir des points de vue superbes et inattendus sur le Colorado. Mais le temps passe vite et il faut se résigner à rebrousser chemin pour gagner Moab par les orgues ciselées des Fisher Towers. Le ton est vraiment donné : il va falloir improviser avec les caprices du désert et... rester humbles.
Les larges pistes du Colorado et de l’est de l’Utah nous ont donc déposé à Moab, la capitale des Jeepers, qui accueille nos premiers émois de touristes fraichement débarqués et nous offre en prime Arches Park avec ses voûtes et ses arches naturelles sculptées par les caprices de la nature, les plus belles de la planète.
La première partie du voyage nous ayant donc mis tout de suite d’équerre, nous attaquons ensuite, au sud de Moab, la partie Est de Canyonlands qui nous plonge dans les paysages fabuleux du Far West. C’est là que le film « Géronimo » a été tourné, ainsi que la pub « Mars »... Voilà pour vous situer. Le Colorado, toujours lui, et la Green River ainsi que leurs nombreux affluents, se sont alliés pour sculpter des canyons profonds, rougeoyants, à l’infini. Nous avons emprunté ici des pistes où il est non seulement conseillé, mais également obligatoire de se déplacer en 4x4. Nous en retrouverons d’ailleurs régulièrement tout le long de ce Raid Apache. Très techniques, souvent emportées par les violentes pluies de printemps, certaines d’entre elles donnent parfois du fil à retordre à nos pilotes et leur demandent une attention soutenue. Certains seraient peut-être plus à l’aise à cheval... Mais l’entraide joue à plein : on se guide, se conseille, les enfants courent et crient, les nénettes jouent les reporters et les cinéastes. Reste que l’aventure est alors bien réelle, loin de toute civilisation.
En raison des nombreux franchissements, nous n’avons pu atteindre Elephant Hill avant la tombée de la nuit. Le premier bivouac sera finalement, pour nous tous, l’un des points d’orgue de ce Raid Apache. Le soleil couchant illumine les crêtes des canyons à perte de vue, sur un fond de ciel qui commence à s’étoiler. Une carte postale. Seul bémol, la présence antipathique d’un autre campeur français que l’odeur du T.Bone steack sur le feu de bois et la musique country indisposent : certainement un intello végétarien!



L’épopée sauvage

Elephant Hill est un émerveillement tant pour les rétines éblouies par les murailles mauves, safranées et vermillons que pour ses sentiers trialisants, de haut niveau qui, de rocher en rocher, de dalle géante en dalle géante, donnent l’assaut à des monstres... éléphantesques. Nous y franchissons des marches impressionnantes, des descentes en marche arrière (!) et une multitude de difficultés à couper le souffle. Ce parcours est facultatif mais ce serait dommage de le manquer d’autant que notre guide, J.P., sait exactement où faire placer vos roues. Bref, Elephant Hill, c’est un grand moment dans un haut lieu très réputé du tout terrain américain. Chacun a pu y faire voir l’étendue de son talent et de ses... limites!
Il ne faut pas trainer. 300 à 400 km par jour sont au menu pour nous permettre d’en voir le maximum en un minimum de temps. C’est le but du Raid Apache : il sera atteint. Heureusement, les nombreuses séries de pistes roulantes nous permettent quotidiennement de profiter des paysages et des parcours, et d’arriver avant la nuit à l’hôtel ou au bivouac.
Ensuite, après avoir goûté aux pistes poussiéreuses de la Vallée des Dieux, qui ne manque pas de rappeler son homologue égyptienne, nous effectuons un léger détour pour découvrir les méandres vertigineux, car parfaits, du San Juan, rivière brune qui a ciselé la roche, niveau par niveau. A Mexican Hat, nous sommes en territoire Navajo, cousins des apaches. L’arrivée par les pistes sur Monument Valley, noyé dans la brume et le silence, est des plus saisissantes : ambiance étrange où se côtoient en harmonie 4X4 et chevaux en liberté. Cette fois-ci, nous sommes « dans » le western et toujours loin des parcours galvaudés. Il faut croire que ce pays Navaro se joue du temps comme certaines femmes de leurs rides : plus il est marqué, plus il est touchant. La traversée du territoire, vers l’ouest, nous donne aussi l’occasion de constater que certains indiens -peu nombreux tout de même- perpétuent encore leurs traditions dont celle de la hutte en terre.
L’arrivée sur Page et le somptueux lac Powell -le plus bô du monde!- nous permet de souffler et de remettre autos et humains en état. A noter d’ailleurs ici que les hôtels et restaurants sont aux US d’un rapport qualité/prix très avantageux, du moins quand le billet vert est à 5 balles!
Cap sur le Grand Canyon par le plateau aride du Coconino, incontestablement l’un des plus beaux sites naturels du globe. La faille gigantesque s’étire sur plus de 170 km, avec ses palettes de jaunes, de rouges et de mauves, aussi diverses que splendides, et où, seul, le Colorado serpente comme un ruban d’émeraude perdu dans les abîmes. C’est un joyau dont les yeux ont du mal à tout saisir. Une ombre toutefois au tableau : sur la rive Sud, ça fourmille de motor-homes et de cars de touristes! C’est la raison pour laquelle le « boss » veut nous entrainer sur la rive Nord, restée encore sauvage.



Le pays des grandes failles :

Mais avant, nous tranchons le raid par une journée de repos à Las Vegas et le crépitement de ses machines à sous : nous y laissons espoirs et surtout quelques dollars! Tel un gros champignon étouffant (50° à l’ombre dans la journée), Vegas vit la nuit, scintille de ses milliers de lumières et des décorations loufoques et démesurées de ses grands hôtels. En tout cas, les garçons n’ont pas manqué ni les clubs de country music, ni le « Topless »... tandis que les bambins ont peaufiné leur éducation sexuelle devant les revues qui trainent sur les tables...!
Après cette journée de détente au cours de laquelle personne n’a donc fini milliardaire, nous repartons vers ce que nous appellerions le point culminant du raid. Loin des parcours classiques pour touristes, l’itinéraire nous conduit d’abord, par les larges rubans de poussière, les lits asséchés des rios, les déserts de Joshua Trees, sur les corniches inconnues du Grand Canyon : là, nous n’aurons pas les photos de Monsieur Toutlemonde! Attention au grand saut car les belvédères ne sont pas aménagés, bien entendu. La chute libre, c’est plus de 1000 mètres! La nature à l’état pur...
Tout le monde se retrouve à Kodakrom Basin (lequel porte bien son nom, vous ne pouvez imaginer...) par des voies de terre qui autorisent la recherche de la meilleure glisse, parfois involontaire. N’est-ce pas le Phil? Après le bivouac qui nous gagne définitivement aux joies des nuits à la belle étoile, dans des décors paradisiaques, nous avons le privilège d’assister au lever du jour sur les dentelles de Bryce Canyon dressant fièrement ses cathédrales et ses pics sculptés, flamboyants : richesse des rouges et des orangés, diversité des contrastes, facéties de l’érosion qui a transformé tous les reliefs en ouvrages finement ciselées. Le top des tops : peut être le plus beau cliché de l’univers, pas moins.

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Retour vers Canyonlands par les terres des bisons :

Abandonnant progressivement la terre ocre et aride, nous filons par le Buhrr Trail sur les montagnes boisées d’Henri Mountains dans le Capitol Reef où les reliefs de moyenne altitude, ancrés encore dans le désert, présentent leurs dômes parfaits et lisses, saupoudrés de blanc. En haut, en revanche, à plus de 3000 mètres, il fait carrément froid. On se les caille velu. Et nos yeux se mettent en quête d’un mythe américain : le bison! Le boss nous les avait promis, nous les avons eus! Au détour d’un mont, moment magique... Tels de grands gamins émerveillés, nous les regardons s’éloigner vers les cimes, dans les alpages, jusqu’au dernier. Après eux, nous avons le loisir de débusquer cerfs et biches, sauvages mais proches. Oui, le Raid Apache se révèle aussi comme un safari photos susceptible de vous faire admirer aussi coyotes, gazelles, voire des lions de montagne et des lynx.
Le bouquet final est à l’image de ce grand raid. Après une incursion rapide pour renouer avec les décors sublimes du lac Powell, nous replongeons dans les entrailles de Canyonlands (côté ouest) en suivant le Colorado et la Green River sur plus de 500 km. L’érosion ne s’est pas privée non plus ici pour façonner des décors insolites, étranges, avec des arches, des pitons, des châteaux naturels de roc. Les décors se déroulent non stop, comme une vidéo, laissent pantois. Les pistes, alternant parcours trialisants, cassants et roulants, longent les cassures gigantesques, escaladent ou descendent les cols et les falaises de sang. Vous êtes-vous déjà imaginés monter à l’assaut d’une falaise faisant plus de 450 mètres de haut? Nous avons pourtant effectué cet exercice à trois reprises... Dans la foulée, après l’étape de Green River, il faut digérer aussi la terrible beauté absolue du « White Rim » où les aplombs spectaculaires et les falaises saisissantes se déroulant à l’infini, sont ornées par une bande blanche de roches calcaires (d’où son nom). Géant! Et à nouveau, les Jeeps se doivent d’affronter de nouveaux passages techniques et délicats. Tous les mots, alliés aux meilleures plumes, ne suffisent pas pour décrire de telles merveilles.
Nous nous rapprochons de Moab et la piste grimpe raide. Un point de vue fantastique nous attend en haut du promontoire. Le dernier. Malheureusement, les ténèbres nous guettent et nous devons filer pour ne pas nous faire surprendre par la nuit : le soleil se couche en moins d’un quart d’heure. Nous arrivons à Moab. Le lendemain, dès 6h00, nous partons nettoyer notre Cherokee au jet haute pression. Le « patron » tient absolument à ce que nous lui redonnions l’aspect du premier jour pour le rendre au loueur. Et il y a du boulot!
La nostalgie commence déjà à envahir nos petits cœurs. C’est l’heure du retour, ça pince! Nous vivons nos dernières heures dans cette Amérique d’un autre temps. Néanmoins, en bons français, nous finissons ce périple autour d’une bonne table, pour un bon repas arrosé avec du vin... américain. Excellent non?
Nous n’aurons pas quitté l’Amérique que déjà tout nous manque atrocement : l’ambiance géniale de notre petit groupe, l’accueil chaleureux des cow-boys, la beauté magique des grands espaces, bref, tout! Tout nous a fait vibrer.



Une atmosphère particulière

Il règne une bonne ambiance entre les participants du raid Apache, d’autant que nous voyageons en très petit comité (5 à 8 véhicules). Chacun se connait et la solidarité n’est pas un vain mot. L’indépendance de chaque équipage, assuré par le concept même du raid, n’empêche nullement l’entraide devant l’adversité : crevaisons, petites pannes, coups de fatigue, franchissements délicats. Chacun peut compter sur l’autre. Cette chaleur humaine, on la retrouve régulièrement aux différents bivouacs. Après la longue étape d’Hurrah Pass, le premier campement arrive comme une bénédiction. Le site est sublime, vaste, et nous sommes seuls à y élire domicile pour la nuit. Nous établissons notre camp à l’abri d’énormes champignons de pierre rouge. Pendant que les uns préparent le repas, les autres vont se doucher à l’aide des « sulfateuses » : un peu d’eau après une journée de chaleur et de poussière ne peut faire que du bien. Quel plaisir! Et tous les autres bivouacs sont du même calibre. Le soir et jusqu’à la nuit, les charmes des grands espaces s’y retrouvent également. Personne à des miles à la ronde, uniquement ces « cheminées » bizarres, ces canyons à perte de vue, ces mesas caillouteuses, ces arches que les derniers rayons de soleil illuminent, puis qui s’assombrissent et ressemblent à des fantômes.
Le Raid Apache se singularise par une atmosphère unique, particulière aussi, que l’on ressent essentiellement par les anecdotes mêmes du voyage. Outre la notion d’espace, nous avons été interpellé par l’hospitalité des habitants du Far-West, leur naïveté, et surtout, par leurs sens aigu et spontané de la communication avec autrui. Au retour, dès la descente de l’avion à Orly, la France parait petite, les français petits, l’esprit tricolore très... petit! On est bon pour trois mois de blues...

-> Encadrés

Encadrés

Une signalisation d’un autre monde

Que dire par exemple de ces immenses domaines privés (qui se mesurent en... km2!) à l’entrée desquels, sur la piste, un grand panneau vous souhaite la bienvenue et vous autorise à passer en 4X4, à condition évidemment de respecter la nature, règle à laquelle nous n’avons jamais failli pendant tout le raid Apache. A quand ces panneaux en France?

Rangers et tout-terrain sauce américaine

Aux USA, on vous prête la nature, belle, magnifique, et qu’il convient de respecter. Sur les parcours de l’Apache, les Rangers sont souvent présents (en 4x4 bien entendu), vigilants et prêts à intervenir pour rappeler les règles qui se résument par un refus strict du hors piste. C’est difficile à expliquer, mais nous nous sentons ici à la fois très libres et très surveillés, mais dans le bon sens du terme. Ce n’est pas l’Afrique. D’ailleurs, les axes poussiéreux sont suffisamment cassants sur cet itinéraire pour qu’on n’ait pas besoin de chercher d’autres sensations à côté, en dehors des voies! Cassantes? Eh oui! Il arrive que les pneumatiques et même les supports moteurs ne résistent pas au traitement. Dans ce dernier cas, heureusement fortuit, l’organisation pense à tout, même à une voiture de rechange!


Hospitalité insolite

Le Raid Apache permet aussi de connaitre des situations insolites. En plein territoire Navajo, nous nous arrêtons à Rose Well, un groupe de fermes où vivent en plein désert, isolées du monde, 4 familles : électricité par groupe électrogène! La ville la plus proche se situe à 70 (?) miles (120 km)... Les habitations sont en bois, recouvertes de tôles ondulées. Mais quelle hospitalité! Tout le groupe est déjà invité à boire et à se restaurer! C’est une autre planète. C’est l’Amérique profonde, celle que l’on ne voit que dans les films de cow-boys. On est loin, bien loin des métropoles grouillantes où règne la plus grande insécurité.


Loin des circuits galvaudés

Pour nous, avec le recul, le point fort du raid reste la traversée des canyons (dont nous avons oublié depuis certains noms) sur des centaines et des centaines de bornes, totalement inconnus... des tours operateurs traditionnels. Rien à voir avec les « autoroutes » africaines sur lesquelles transitent tous les raids organisés. Les pistes nous font découvrir ici une nature brute qui nous a émues. Admiratives, nous nous sommes senties proches de ces pionniers qui ont osé affronter les premiers l’hostilité de ces magnifiques déserts de roc.


Des engins de rêve

Qui n’a jamais rêvé d’une belle américaine? Nous désignons ici l’automobile et non la starlette bien roulée... Bien sûr les amateurs vont être gâtés, les rues des villes étant de véritables salons de l’auto : des berlines rallongées, des Corvette, des Camaro, des Viper, des Excalibur et des Transam à la pelle, sans oublier les pick-up géants et les Big-Foot, des Customs et des Vans de toutes les couleurs, de toutes les tailles, aménagés comme des palaces ou des... garçonnières. Mais ce n’est pas tout, vous y êtes également surpris par des camions gigantesques d’un autre monde, des hors-bords aux échappements chromés (6 à 12!) jaillissant des coques, voire par des trains comme... on n’en voit que là-bas!

   
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